Seth Kikuni, jeune candidat à la présidence aux ambitions d’espoir

Seth KIKUNI, un des premiers candidats président, si pas le premier à briguer la magistrature suprême pour les élections de décembre 2018, dirait-on. C’est le samedi 28 juillet qu’il a fait une apparition publique en déposant sa candidature accompagnée de son épouse, Laureine Kabwiz.

Qui est-il réellement?

Ancien élève du Collège Saint-Georges, du Collège Frère Alingba de la Congrégation Lassallienne.Il a terminé ses études universitaires en Turquie et en Afrique du Sud. Boursier, il possède à ce jour, un diplôme en sciences politiques de l’Université d’Ankara et une maîtrise de l’Institut des Sciences à l’Université Franco-Turque de Galatasaray. Bien que doctorant dans la même université, il décide de rejoindre l’université de Pretoria en Afrique du sud pour travailler comme chercheur dans le domaine des études culturelles.

Nous l’avons rencontré et c’est à coeur ouvert qu’il a accepté de répondre à nos questions qui ont balayé différents secteurs .

Juvénal : Pour certains, vous êtes un parvenu et pour d’autres un candidat improvisé, comment réagissez-vous à cela?

Seth : Je crois qu’on ne doit pas minimiser la jeunesse congolaise qui a beaucoup donné à ce pays déjà si on doit remonter dans les années 60, notre indépendance déjà a été l’oeuvre de la jeunesse et dire que je suis un parvenu, que je suis trop jeune pour faire cela, je ne pense pas que ce soit un très bon argument et si on doit regarder l’espérance de vie au Congo qui est de 45 ans ; donc à 36 ans déjà on est trop vieux et c’est pour bien faire les choses dans le contexte de notre pays.
Juvénal : Cent mille dollars semblent être très grand, très impressionnant pour le commun des mortels congolais alors beaucoup de choses se sont dites sur la somme que vous avez versé à la CENI la semaine dernière; qu’en pensez-vous?

Seth : Cela prouve que le pays va mal et c’est normal. Enfant, j’enviais des gens beaucoup plus riches comme Mark Zuckerberg et c’est après que j’ai découvert que cent mille dollars étaient beaucoup d’argent; qu’à cela ne tienne, c’est le résultat des années de préparation et d’épargne, je suis entrepreneur comme vous l’avez si bien remarqué j’ai travaillé dur pour réunir ces cent mille dollars là, pour réunir plus que cent mille dollars et me préparer à briguer la magistrature suprême et bien-sûr je rêve d’un Congo où les jeunes comme moi seront capables de réunir cette somme pour des causes nobles comme celle-là.

Juvénal : Vous êtes sans carrière politique, pensez-vous que ça joue en votre faveur ou défaveur ?

Seth : Ça joue en ma faveur parce que je sais que les gens parlent en terme d’expérience et non de compétence et ma définition de l’expérience en tant qu’entrepreneur est un peu différente parce que quand on parle d’expérience on se dit qu’il y avait un défit et si une personne arrive à la surmonter on dit d’elle qu’elle est devenue expérimentée et sur notre scène politique je ne vois pas un tel profil. Ce sont des gens qui ont été là pendant des années et aujourd’hui nous connaissons tous la situation du pays. Moi je suis compétent parce que dans ma vie privée j’ai su transformé zéro en quelque chose, en une entreprise, j’emploie des gens, je les paye, je suis compétant et j’ai un savoir-faire que j’aimerai transférer dans le domaine politique donc on a besoin des gens qui sont compétents et celui qui est compétent d’une certaine manière a aussi de l’expérience donc la politique ce n’est pas une profession, c’est une science qui doit réunir le meilleur de chaque domaine qui vienne pour servir.

Juvénal : Parlons des élections proprement dites, la question sur la machine à voter cause des divergences d’opinion dans un pays où nous ne sommes pas très digitaux, et emmener une machine à voter; vous étant candidat, ça ne vous pose pas de problème?

Seth : Mon équipe et moi continuons à faire des recherches là dessus. En tant que jeune, je suis pour la technologie aussi longtemps que cette technologie réduit le coût et la durée du processus électoral, mais entre-temps, on doit accepter le fait qu’au delà du côté digital dont vous parlez, nous avons une population analphabète et chez une grande partie ça peut poser problème et ce qui est aussi vrai c’est qu’on doit avoir élection cette année alors nous cherchons à s’organiser et d’autre manière à oganiser une équipe des témoins, des gens qui peuvent préparer les électeurs à voter de la meilleure manière.

Juvénal : Vous avez évoqué le fait que vous soyez jeune et que vous n’êtes pas contre la technologie et tout ce qui est digital, c’est ce que nous remarquons avec votre communication qui tourne essentiellement sur les réseaux sociaux parce qu’on peut voir comment les gens vous suivent sur Twitter depuis un moment, vous ne pensez pas que vous réduisez le nombre de personne qui peuvent savoir qui vous êtes, c’est vrai que ce n’est pas encore la période des campagnes électorales mais vous ne pensez pas que votre public est très réduit?

Seth : Nous allons descendre sur terrain, il faut toujours commencer par quelque part et voilà pourquoi nous avons décidé de commencer par les réseaux sociaux où nous sommes en mesure d’atteindre la jeunesse « élite » et bien-sûr nous avons des plans pour la jeunesse masse et nous allons descendre sur terrain et expliquer car la jeunesse masse n’a pas besoin des longs discours sur les questions qui ne vont pas résoudre leur vie quotidienne, ils veulent des solutions et justement nous allons descendre avec des solutions, avec un projet de société bien élaboré en expliquant comment on va améliorer leur condition de vie mais c’est déjà planifié et très bientôt vous aurez de nos nouvelles.

Juvénal : Vous êtes très ambitieux et en ce qui concerne vos projets, toutes vos mesures sont finançables, et comment?

Seth : Oui, bien-sûr parce que je suis déjà issu du peuple, il ne faut pas l’oublier, chaque jour je suis en contact avec, déjà par le fait que je suis entrepreneur et nous allons venir avec des projets un peu plus réalistes ; déjà j’essaie de lire, suivre, d’autres potentiels candidats qui donnent des chiffres imaginaires et nous travaillons avec le peuple sur terrain, pour comprendre mieux la situation et nous allons venir avec des solutions réelles, non pas pour simplement vendre un rêve mais nous venons avec des projets à court et à long terme qui peuvent nous permettre de passer du point A au point B jusqu’au point Z.

Juvénal : Tous ces projets ont un coût, alors je vous demande s’ils sont finançables et comment?

Seth : Ils sont finançables, déjà on imagine une RDC qui produira et grandira en produisant; il faut donc considérer notre jeunesse comme notre plus grand atout car il est déjà possible de créer la richesse sans s’appuyer forcément sur nos ressources naturelles. Nous imaginons une telle RDC où nous serons en mesure de créer des entreprises, des industries pour permettre à notre pays de créer de la richesse et cet argent va nous permettre d’améliorer notre secteur de l’éducation, nos infrastructures et c’est comme ça que nous allons évoluer.

Juvénal: Que signifie pour vous « réclamation politique« ?

Seth : Réclamation veut dire que les jeunes ont besoin de la reconnaissance; le Congo doit beaucoup à la jeunesse et depuis 2016, s’il y a des gens qui sont descendus sur terrain, mort pour le changement ou pour qu’on ait un Congo nouveau, ce sont les jeunes, le pays doit beaucoup à la jeunesse et j’invite seulement les jeunes à réclamer sa place dans ce processus car ils ne doivent pas seulement être utilisés lorsqu’il faut marcher, prendre des risques, mais doit aussi s’impliquer dans le processus de développement et je pense que la jeunesse congolaise le mérite plus que tout.

Juvénal : A vous entendre parler, vous privilégiez plus la jeunesse; et l’expérience qu’il y a sur terrain, qu’en faites-vous ? « Les vieux » qui sont là, vous comptez les déclasser ou travailler avec? Une fois élu.

Seth : La réforme sera graduelle, bien-sûr on aura aussi besoin d’eux d’une certaine manière mais on a besoin d’impliquer la jeunesse car le 21ème siècle est une autre époque et ils ont essayé de gérer à leur manière et ils n’ont pas pu. Le résultat est là, raison pour laquelle dans notre slogan nous avons dit; « unis, nous ferons mieux » pas pour dire qu’ils n’ont rien fait, mais nous essayons de dire que nous, en tant que jeune nous ferons mieux et le moment est venu pour que nous puissions passer à l’action; donc l’avenir commence aujourd’hui.

Juvénal: Vous avez sûrement observé ce qu’ils ont fait, et que pensez-vous qu’ils n’ont pas fait pour le pays?

Seth : Déjà ça dépend de secteur; sur le plan politique, ils n’ont pas su garantir un climat politique qui permet au Congo de retrouver sa place ou encore à la population de se retrouver d’une certaine manière; du côté économique, je crois que les jeunes constituent la catégorie qui souffre le plus avec plus de 75% de chômeurs et il y a la dimension économique et il y a aussi le secteur éducatif car beaucoup de nos petits frères et petites soeurs sont incapables d’aller à l’école; on a l’insécurité, en guerre interminable depuis les années 90. Voilà, il y a plusieurs secteurs à revoir et essayer de faire mieux.

Juvénal : Quelle est votre stratégie pour ceux qui sont à l’étranger, qui souvent manipulent l’information pour encourager la sécurité dans le pays, les manifestations à cause des opinions politiques divergentes si vous gagnez les élections?

Seth : Nous allons faire de notre mieux pour intégrer notre diaspora à la gestion du pays, je crois que c’est important pour nous, que de les considérer comme des acteurs passifs, ces gens là contribuent de façon considérable à l’économie de notre pays déjà en envoyant l’argent qui équivaut déjà presque à notre budget annuel, du coup, nous ferons un effort pour les intégrés, en créant un environnement qui les permet de revenir même investir au pays et s’il le faut, ça fait partie de notre projet, peut être réserver 10% du quotas au parlement de représentativité de la diaspora, nous sommes prêt à aller jusque là.

Juvenal : Une fois élu, quel secteur pensez-vous attaquer directement?

Seth : L’ économie. Nous en avons besoin, avec nos sérieux problèmes économiques qui créent des situations d’insécurité et je crois que les autres secteurs sont liés parce que si on crée de l’emploi, des industries et on commence à produire et vendre comme il le faut, l’argent gagné nous permettra d’attaquer d’autres secteurs comme celui de l’éducation car ils vont de pair; on a besoin d’une formation de qualité pour créer la main d’oeuvre qualifiée et ça va vraiment de pair, économie et éducation.

Juvenal : Vous êtes un produit d’une éducation étrangère avec votre cursus académique vous pensez qu’avec l’éducation qu’il y a dans le pays, il y aura des jeunes qui peuvent briguer à la magistrature suprême comme vous et tenir tête face à ce qu’on appelle aujourd’hui les « vieux » qui ont duré sur la scène politique?

Seth : Pourquoi pas ; nous avons déjà dit dès le départ que notre candidature est la candidature de l’espoir, nous voulons présenter le profil du jeune congolais compétent, celui qui se voit désormais capable de faire et d’imaginer tout ce qu’il veut, c’est cela même le sens de notre candidature donc après moi bien-sûr j’imagine un Congo où les jeunes vont s’impliquer à fond dans le domaine politique et dans les autres secteurs de notre vie.

Juvenal : Parlons de la situation sécuritaire au Kasaï avec tout ce qu’il y a eu comme guerre, il y a, selon un documentaire d’une presse étrangère près de trois cents mille enfants souffrant de la malnutrition au Kasaï; qu’en pensez-vous et que pensez-vous faire une fois élu président parce que ce sont des vies congolaises qui meurent chaque jours?

Seth : C’est vrai que nous sommes dans une crise humanitaire qui demande une intervention immédiate et bien-sûr le cas du Kasaï n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, alors nous allons essayer de faire un effort pour établir la sécurité dans ces zones là, de manière à ce que ceux qui ont quitté ces terres pour aller en Angola à partir du Kasaï de revenir, nous allons essayer d’améliorer les infrastructures de sorte que ces enfants là retournent à l’école puis nous allons traiter ces cas là comme des chapitres à part dans notre projet de société. Celui du Kasaï et de l’est, nous voulons vraiment examiner et proposer des solutions rapides dans un chapitre consacré aux crises humanitaires.

Juvénal : Parlant d’enfant, aux dernières nouvelles, Madame Laureine Kabwiz, la probable première dame a mis au monde, est-ce vrai?

Seth : C’est vrai, c’est un Kikuni Junior. Le moment est bien choisi, ça me permet aussi d’agir en père de famille, je sais exactement ce que cela veut dire d’être papa, et chercher à être président, c’est chercher à être papa de quatre vingts millions de personnes, donc c’est une très bonne expérience pour moi et ça me permet de faire de l’empathie quand je pense à tous ces enfants qui naissent dans les conditions terribles…
Nous vous souhaitons bonne chance.

Tchikeva par Juvénal BAFOLEMBE

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Seignor Mbaqui dit :

    Merci, Juvenal. les questions de fond ne sont pas posées, telle que: parlez vous beaucoup de la jeunesse mais l’actuel Chef de l’Etat est un jeune, qu’elle analyse pourriez-vous faire par rapport à sa gestion ? il a aussi travaillé avec les vieux loups. cela ne sera pas la continuité de sa gestion?
    * actuellement notre Pays a 2 tendances (MP et opposition) les plates formes y compris ce sont les éléments d’appuis pour emporter la victoire, alors Mr Seth se joindra à quelles tendances.
    * Juvenal : les questions sur les accords de Saint Sylvestre,
    – les candidats écartés dans les processus
    – au cas où, le Gouvernement n’a plus financé les restes d’argent pour l’organisation des élections quelle sera sa réaction.
    – Son frère Billy qui es un béret rouge de PPRD, Mr Seth nous garanti qu’il n’es pas de cette famille politique?

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